Jacques de Clavaillan peut-être s’en aperçut aussi. Seul, Will fut aveugle, et de la meilleure foi du monde garda pour lui seul les tendres caresses de sa sœur.
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Plusieurs années se sont écoulées.
Mme Ternant et Anne n’habitent plus Ootacamund.
Elles ont quitté l’Inde brusquement quelques jours après l’arrivée des deux jeunes gens à Madras.
Surcouf leur ayant offert de les rapatrier, la pauvre mère, qui ne se sentait plus le courage de se séparer de son fils, résolut de l’accompagner et accepta cette proposition.
Il était du reste nécessaire que celui-ci revînt en France pour y compléter ses études et se préparer à l’École navale vers laquelle son ambition le dirigeait.
Quant à Anne, inutile de dire si la perspective de revoir la France, unie à celle d’un voyage en telle compagnie, était faite pour lui plaire. Elle l’accueillit donc avec une véritable joie.
Cependant le départ n’eut pas lieu sans un attendrissement.
On ne quitte pas un pays qui vous fut accueillant, une maison où l’on a pleuré et prié, où l’on a été heureux aussi, sans un serrement de cœur.