Anne le remercia d’un regard et se sentit toute consolée.
Le voyage se passa sans accidents, mais non sans incidents, ce qui eût été tout à fait extraordinaire à cause des temps troublés qu’on traversait.
Enfin on arriva à Brest, et l’image de l’Inde restée brillante et si chère tout le temps de la traversée pâlit subitement devant le rivage natal.
Oh ! la douceur de revoir son pays après une longue absence, comme tous la goûtèrent lorsque la vigie signala la terre. Et avec quelle émotion religieuse ils se retrouvèrent sur le sol de leur Bretagne chérie ! Certes, là-bas ils avaient trouvé une vie facile, un climat généreux, des amis dévoués, mais ils n’avaient jamais senti comme en ce jour vibrer certaines fibres de leur cœur.
Avec délices ils aspiraient l’air de la patrie, et Mme Ternant aurait volontiers embrassé toutes les Bretonnes qu’elle rencontrait.
Ce fut dans Brest même que la famille Ternant s’installa.
Will dut bientôt quitter sa mère et sa sœur pour continuer dans un collège ses études interrompues.
Clavaillan reprit la mer à la suite de Surcouf.
De nouveau seules, Mme Ternant et sa fille vécurent de cette vie retirée et laborieuse qu’elles menaient dans l’Inde, attendant que les événements les réunissent de nouveau à ceux qu’elles aimaient.
Et maintenant, voilà que les événements se sont précipités.