Et, n’obéissant qu’à son cœur, le petit garçon répondit :

« Nous sommes ici, maman chérie. Tu peux venir. »

Mme Ternant apparut essoufflée, haletante, et, comme une lionne affolée, se jeta sur les deux imprudents, qu’elle étreignit passionnément, sans faire attention à la présence de l’étranger, debout, appuyé sur son fusil.

En même temps qu’elle, Patrick O’Donovan et les aînés de ses fils, des domestiques des deux sexes, envahissaient la clairière et s’arrêtaient, frappés d’une stupeur admirative, devant le cadavre gigantesque du bâgh.

« Mes enfants, mes chers petits ! » pleurait Mme Ternant, qui n’avait pas la force d’adresser des reproches aux deux délinquants.

Mais Patrick s’était avancé vers l’inconnu et lui avait tendu la main.

« Je devine, lui dit-il en anglais, que c’est vous qui avez tué la bête et sauvé les deux enfants. Je vous en fais tous mes compliments.

— Oui, s’écria Guillaume, échappant à l’étreinte de sa mère, c’est le gentleman qui est venu pendant que nous étions dans l’arbre et qui a tué le bâgh.

— Et, ajouta Anne, tout à fait remise de son émotion, sans lui, Will était mangé. »

Alors Mme Ternant, rendue à la réalité, s’approcha du jeune homme et le remercia avec effusion, des larmes pleins les yeux.