Il ne put continuer. Deux grosses larmes roulaient sur les joues de l’enfant.

« Pourquoi pleures-tu ? » questionna le gentilhomme troublé.

Will répondit, à travers ses hoquets :

« Je vois que vous ne voulez plus de moi. Si vous me ramenez aux Nielgherries, c’est, bien certainement, parce que vous avez l’intention de vous en aller d’ici tout seul pour rejoindre Surcouf. Vous m’aviez pourtant promis de m’emmener.

— Mon petit Guillaume, reprit affectueusement le marquis, tu es assez intelligent pour comprendre que, si telle est, en effet, mon intention, je ne puis t’associer à mon entreprise. Ce qui est possible à un homme ne l’est pas à un enfant, et je ne me pardonnerais pas de t’avoir jeté dans les périls d’une équipée.

— C’est bien cela, dit l’enfant. Vous voyez que je vous avais deviné.

« Eh bien, à mon tour de vous répondre que je ne veux pas retourner aux Nielgherries. Maintenant maman a fait son sacrifice, et je rougirais trop si j’étais obligé d’avouer à Anne que j’ai accepté votre proposition, que j’ai reculé devant la première épreuve qui s’offrait à moi. Si vous me ramenez malgré moi, je m’échapperai et je ferai seul ce que vous ne voulez pas faire avec moi. »

Il y avait une telle résolution dans ce jeune visage que Clavaillan ne put s’empêcher de sourire. Il tapa amicalement sur l’épaule de l’enfant.

« Allons ! fit-il, c’est bien une vocation. Arme-toi donc de courage et tiens-toi prêt au premier signal que je donnerai. Il ne sera pas facile de sortir de la surveillance anglaise. Mais l’Inde est grande et, à défaut des navires de John Bull, nous trouverons bien une barque de pêcheur malabar. »

Les yeux de Will rayonnèrent d’un beau feu d’audace. Il jeta un cri :