Il exposa les raisons qui le faisaient parler ainsi.
La rencontre qu’ils venaient de faire, de la frégate mutilée, prouvait qu’un combat naval avait eu lieu sous ces latitudes.
Il était donc certain que les Français s’étaient montrés dans ces parages.
« Quels sont ceux de nos compatriotes qui ont livré bataille ? Nous ne le savons point encore. Mais j’espère que, d’ici peu, nous serons renseignés à ce sujet ; il n’est pas vraisemblable qu’ils aient eu le dessous.
— Qu’est-ce qui vous fait croire cela, capitaine ? demanda Ustaritz.
— Crois-tu, répondit le jeune homme, que, si les Anglais eussent été victorieux, ils auraient abandonné un navire d’une telle importance ? Vous avez pu vous assurer qu’il y avait encore des canons dans les sabords. En supposant qu’ils eussent voulu se défaire de la frégate, ils l’auraient au moins brûlée. »
L’argument était spécieux, mais il ne parut pas convaincre le Basque.
Celui-ci hocha la tête et risqua une sérieuse objection :
« Mais on peut dire la même chose dans le cas où ce seraient les Français qui auraient battu leurs adversaires. Pourquoi auraient-ils abandonné la frégate ?
— Il y a une explication qui me paraît suffisante, dit Jacques.