On put voir la Clarisse gagner sur les Anglais, les dépasser pour leur barrer le chemin, puis revenir sur eux comme la foudre.
Tout à coup une détonation éclata ; un flocon blanc s’éleva au-dessus du corsaire et, pendant un temps très court, le masqua.
La corvette anglaise riposta bravement.
Ce fut alors un roulement formidable de décharges successives.
La Clarisse soutint, d’abord, le feu de ses deux ennemis. Bientôt, détachant le brick contre la corvette, elle s’élança sur le second vaisseau et se mit à le canonner à outrance.
La Clarisse était une terrible guerrière qui ne perdait pas ses coups. Un de ses boulets rasa la misaine de son adversaire, un second abattit le grand mât. Incapable de manœuvrer, le bateau anglais dut amener son pavillon.
Ce fut alors le tour de la corvette.
Elle était commandée, sans doute, par un officier plus valeureux, car elle se défendit avec rage. Les canons de la Clarisse et ceux du brick la couvrirent de projectiles. Après une demi-heure de combat, il devint manifeste que le vaisseau britannique, touché au-dessous de la flottaison, avait une voie d’eau mortelle.
Alors seulement, sur les débris sanglants, à la corne d’artimon, le pavillon flottant fièrement au-dessus du gouffre fut tranché par la hache d’un gabier.
Des quatre-vingt-dix officiers et matelots du navire anglais, cinq seulement étaient debout, diversement blessés ; six autres respiraient encore. Tout le reste était mort.