Will avait aujourd’hui douze ans accomplis, et son baptême de gabier avait été assez rude pour qu’il fût familiarisé avec la mer.
Il lui restait à faire l’apprentissage de la guerre, et ce n’était pas le plus facile.
Un nouveau scrupule hanta l’âme du jeune marquis, scrupule digne de la grande délicatesse dont il avait déjà donné tant de preuves à la famille Ternant. Il se demanda s’il avait vraiment le droit d’entraîner cet enfant dans les hasards de son aventureuse carrière et de l’exposer à ses formidables dangers.
Il appela donc Guillaume et voulut l’interroger avec soin.
L’enfant devina tout de suite, à la physionomie de son ami, que de nouveaux doutes avaient assailli l’esprit de celui-ci.
Il se tint donc debout devant lui, le cœur étreint d’une inquiétude, gardant un silence, qui trahissait d’ailleurs son angoisse.
« Guillaume, commença Jacques de Clavaillan, nous sommes à la veille d’appareiller. Au moment de partir, j’hésite à t’emmener.
— Vous hésitez ? » murmura Will.
Et, comme le marquis gardait le silence, l’enfant poursuivit :
« Est-ce que vous n’êtes pas content de moi ? Ai-je fait quelque chose de mal ?