« Tu n’y as pas réfléchi, reprit-il. Ne t’es-tu mais demandé s’il n’y a point de marins en temps de paix ? A quoi servent-ils ?

— Pardon ! Je me suis posé cette question. Je sais fort bien qu’il y a des marins autrement qu’en temps de guerre, et en puis d’autant moins douter que mon premier voyage s’est fait sur un navire de commerce.

— Eh bien ! tu viens de répondre toi-même à ta question, Will.

— En ce cas, bon ami, il n’y a pas d’erreur possible. Je ne veux pas être marin de commerce.

— Comment ? Tu n’aurais pas de plaisir à courir la mer comme un voyageur de profession, à voir du pays, à respirer le grand air du large ?

— On a ce même plaisir sans être simple matelot de commerce. »

Jacques éprouva un réel embarras. Il sentait les arguments lui manquer.

Il désigna du doigt un siège à son petit ami, et lui dit doucement :

« Assieds-toi et écoute-moi avec attention. Tu me comprendras mieux.

« Je m’explique volontiers que tu ne veuilles pas être matelot pour convoyer des barriques de vin, des sacs d’épices ou des ballots de coton. Mais il y a une autre façon d’être marin et de prétendre à la gloire de la vie maritime.