— A cause du déshonneur. Je vous ai déjà expliqué ce que c’est que l’esprit de corps. Un marsouin ne doit pas se laisser arrêter par un gendarme.
» J’entrai donc dans le canot, en gémissant sur mon triste sort. Tout à coup, une ombre me frôla, toucha l’épaule du patron de canot et lui dit en me montrant :
» — Marius !
» C’était le Poilu. Bon Poilu ! Marius hocha la tête, en signe qu’il avait compris. Deux marins contre un gendarme, c’est toujours d’accord. Le patron prit ses rames.
» La muraille bâbord de la Belle-Poule, les cabanons des forçats, les cornes de la jetée… nous voilà dans la rade. Le jour venait. Le soleil se mit à rire au-dessus des palmiers du Mourillon.
» — A l’Amiral-Charner ? demanda Marius.
» — A l’Amiral-Charner, dit le gendarme.
» Et, baissant le nez, il tira son calepin pour écrire son rapport.
» Marius se pencha, fit un geste vif que je ne compris pas moi-même, tira sur ses rames. Et toujours, il me regardait, me regardait ! Je lui rendais son regard sans rien deviner, la tête molle, songeant : Comment va-t-il me tirer de là, l’ami du Poilu ?
» Tout à coup, il cria :