» Il fit : « Euh ! » du creux de sa poitrine, juste comme ils font quand on leur dit une chose sensée qu’ils comprennent.
» Je n’ajoutai rien, mais j’allai trouver Mamy Coumba. Et je lui dis :
» — Est-ce que tu n’as pas une fille, une fille vierge, à donner à Samara, en échange de son fils que tu as tué ?
» Il répondit : « Non ! »
» — Mamy Coumba, répétai-je, tu as une fille ! Je le sais, voyons !
» Il secoua la tête, et sa femme répondit :
» — Ça n’est pas juste, ça n’est pas juste, de cette manière-là. Nous ne leur avons tué qu’un homme, aux Haoussas, et ma fille peut faire plusieurs enfants !
» — Mais, dis-je, si on te la rend, quand elle aura donné un mâle, un seul mâle, au père d’Ali ?
» — Comme ça, c’est bien ! fit Mamy Coumba, en réfléchissant. Si Samara veut, je veux.
» Je retournai chez Samara pour lui expliquer l’affaire. Et Samara dit :