Je ne répondis rien, parce que cela m’était égal. Mais la Puce en conclut que je désapprouvais ce compagnonnage. Alors, il expliqua :

— … parce que, avec un ami, on va plus vite.

L’expérience ne tarda pas à me démontrer que c’était là de sa part une illusion ou un mensonge. Mais comme je gardai cette opinion pour moi, son esprit d’initiative grandit. M’abordant le jour de la mi-carême, il daigna me dire :

— Je vais aller jeter des confetti !

Je lui affirmai que je n’y voyais nul inconvénient. Mais il poursuivit, les yeux brillants :

— C’est chic ! On se met dans le coin d’une porte, et quand il passe une dame… ou surtout une petite fille… pfutt ! on lui en jette une poignée dans la figure. Et ça fait rose, ça fait jaune, ça fait blanc par terre ! Tout partout, sur le pavé, ça fait jaune, blanc, rose, vert, bleu. C’est beau !… Ça coûte quinze sous, un kilo de confetti.

Cette somme me parut importante.

— Quinze sous, la Puce, quinze sous ! Et tu les as ?

Ses yeux devinrent encore plus brillants.

— Mais non, me dit-il, je ne les ai pas !