Mais il secoua la tête.

— Elle est embêtante, dit-il ; les femmes sont embêtantes.

Je fus tenté de lui répondre que plus tard il changerait d’avis. Mais c’eût été immoral. Je me tus. Caillou d’ailleurs réfléchissait. Il tenait à donner ses raisons, et c’est très difficile de donner des raisons quand on ne pense que par impressions et par images.

— Je vais te dire, fit-il. Quand je suis seul avec elle, ça m’ennuie parce qu’elle joue à être ma maman… ou je ne sais pas quoi : elle colle.

Je compris que l’un l’ennuyait et que l’autre chose, il ne la comprenait pas.

— Et quand Lucile est avec d’aut’ filles, continua-t-il, elle m’embête, elle me fait tourner, elle triche.

— Mais, demandai-je, quand vous êtes plusieurs petits garçons avec une seule petite fille, vous lui rendez ça ?

— Non, fit-il, étonné. Nous ne trichons pas.

C’est de la sorte qu’il me fut révélé que les femmes, dès l’enfance, une fois qu’elles sont assemblées, considèrent les hommes comme des ennemis et prennent sur eux, quand elles le peuvent, des espèces de revanches sournoises.

Caillou ajouta, toujours grave :