—Mais vous n’êtes pas fort, dit Bonaventure. Il faut commencer avec vous par la démonstration pour débutants.

Il tendit sur un chevalet une corde en boyau qu’il pinça d’un coup d’ongle. Elle rendit un son clair, qui s’éteignit lentement.

—Elle donne le la, continua Bonaventure, le la de la troisième octave.

Tout en parlant, il saupoudrait la corde d’une poudre jaunâtre.

—Maintenant, dit-il, je prends un violon, le violon du tzigane fou, n’est-ce pas... et je lui fais donner ce même la de la troisième octave.

Il avait saisi l’archet d’une main curieusement exercée, malgré son tremblement. La note chanta dans l’air calme, et, au même instant, de la corde tendue sur le chevalet, une légère explosion répondit.

—Vous avez compris?

—Non, dis-je.

—C’est l’expérience classique pratiquée devant les collégiens, fit Bonaventure. Les vibrations la du violon se communiquent à la corde tendue sur le chevalet. Elle vibre par sympathie. Elle vibre seulement aux vibrations de la note qu’elle rendrait si elle était touchée, comprenez-bien. Et à ce moment, le fulminate de mercure dont elle est saupoudrée, explosif très sensible, détone.

—Et alors, demandai-je, une cartouche, un obus?