—Deux cache-corsets, une modestie.
—Une brassière... c’est pour Amélie. Elle ne veut plus porter de corsets, ça ne se porte plus... Eh bien? J’ai dit une brassière; qu’est-ce qui vous prend?
—Rien, madame... une brassière.
La voix de Céline devenait horriblement hésitante et malheureuse.
—On dirait que ça vous fait mal au cœur... Trois blousons.
—Trois blousons.
—Une jupe piqué blanc Empire... Jésus-Marie, qu’est-ce que vous avez? Elle se trouve mal! Marie! Marie! du vinaigre. Amélie, délace-la!
Mais ce fut le bon M. Barbier-Dacquin qui accourut le premier.
On avait étendu Céline sur le plancher. D’abord elle en profita pour s’évanouir tout à fait. Et elle eut un grand sourire; il y a, quand on s’évanouit tout à fait, un moment délicieux, l’impression d’une infinie volupté. C’est une chose qui me console, quand je pense à mourir: on traverse peut-être un moment comme ça quand on meurt. Puis elle revint à elle, et eut mal au cœur. Cela parut de mauvais goût à madame Barbier-Dacquin, tandis que son mari avait peur, peur de toute sa bonne âme, pour la vie de la petite Céline. Mais enfin elle n’eut pas trop mal au cœur. Dressée sur son séant, elle ouvrit deux yeux très vagues. Ses cheveux légers collaient à ses tempes. Puis elle demanda pardon. Pardon de quoi? Mais on demande toujours pardon, dans ces cas-là; personne n’a jamais su pourquoi. Et on lui fit respirer du vinaigre. Alors elle recommença: