Quelqu’un dit derrière lui:
—C’est-y qu’t’as peur, le Tronchin?
—Vas-y, toi! répondit le géant.
C’était Petite-Main, le facteur, qui avait parlé. Il franchit la porte basse en chantonnant d’un air doux, pour flatter les chiens:
—Bellement, Fidèle! Bellement, Poloche!
Les deux briards ne firent qu’un bond, et Petite-Main cria:
—Vingt dieux! ils m’ont mordu!
Il avait été happé au jarret, comme une vache mauvaise. On vit du sang sous son pantalon déchiré, et il s’enfuit en boitant.
Le Tronchin haussa les épaules. Il connaissait bien ces bêtes-là: rien à faire. Et puis cet homme de force aimait la force et le courage. Ces chiens lui touchaient le cœur.
Pierre Bel, le garde-chasse, envoya sa femme chercher du pain trempé, des os, des râclures de fromage.