— Dieu soit loué ! dit mon voisin, il veut sauter dehors : laissez-le faire !

Vain espoir, bientôt déçu. Le gentleman en délire, s’étant seulement emparé de ma valise, la jeta sur la voie. Ce jeu paraissant lui plaire, il fit subir le même sort aux bagages de mes compagnons.


— Lisez l’affiche, alors ! fit mon voisin.

Je lus : « La communication entre le voyageur et le conducteur, dans les rapides et express, a lieu au moyen de la corde qu’on trouvera à l’extérieur du wagon. » (Ah ! le signal est dehors ; c’est pour ça qu’on ne le voit pas.)

— Dépêchez-vous, dépêchez-vous : il casse tout !

En effet, le gentleman en délire cassait les vitres. Je continuai :

« La corde est près de la corniche, au-dessus de la portière, à main droite, dans la direction où va le train. »

— Au-dessus de la corniche, une corde ? Bon, j’y suis.

Il se pencha par la portière de plus de la moitié du corps, et ses compagnons, pour l’empêcher de tomber se cramponnaient à ses chausses. Cependant le gentleman en délire, courant vers l’autre portière avec une allumette-tison enflammée, mit le feu à un rideau vert qui brûla très bien.