Alors il entendit une voix timide et assez maussade, qui disait :

— Ne tirez pas ! Je m’rends ! Puisque j’vous dis que je m’rends !

M. Cauche réfléchit qu’un voleur sous un lit n’était pas un adversaire dangereux.

— Restez où vous êtes, dit-il. Qu’est-ce que vous venez faire ?

L’homme ne répondit pas à cette question, mais à une autre qu’on ne lui avait pas faite. C’est ce qui arrive quelquefois quand on n’est pas à son aise.

— J’suis entré par la fenêtre du jardin, fit-il.

A ce moment, M. Cauche aperçut sur son bureau une forte barre d’acier terminée en biseau et un trousseau de clefs. Ceci lui enleva ses derniers doutes : l’homme n’était pas venu pour la bonne comme il l’avait soupçonné un instant. Il cria :

— Emmeline, Emmeline ! descendez, il y a un voleur sous le lit !

— C’est pas possible ! répliqua Emmeline du haut de l’étage mansardé.

Cependant, comme elle n’était pas encore tout à fait déshabillée, elle se précipita pour voir.