— Mon pauv’ vieux !… Alors, c’est un drame… Je te souhaite bien du plaisir.

Il s’engouffra dans un autobus. Jean-Claude demeura sous les arcades, illuminé comme Paul sur les routes de l’Anti-Liban : il serait auteur dramatique ; et, puisque les pièces ne sont jamais jouées, il n’est pas même nécessaire de les écrire.

D’ailleurs il ne fut au début que pour bien peu de choses dans sa réputation. L’ami se chargea de tout : en huit jours, le Paris qui compte connut que Jean-Claude avait un drame déposé à l’Odéon ; et on lui disait :

— Eh bien, ce drame ?

Il haussait les épaules, douloureusement. Les gens murmuraient, pour le consoler :

— Voyez-vous, il n’y en a que pour « le trust ». Il faut être du trust, ou sans ça…

Insensiblement, il en arriva à parler lui-même du trust avec une amertume suffisamment sincère, et on lui suggérait :

— Du reste, un drame… Vous devriez essayer de placer quelque chose de plus léger. On a plus de chances de réussir. Tenez, un arrangement de roman étranger, du Dickens, par exemple. Bien usé, pourtant le Dickens, c’est déjà pris. Mais il y a encore…

— La Bibliothèque Rose ! cria Jean-Claude, poussé par un génie secret.

— Vous êtes sur la Bibliothèque Rose ? Bonne idée, ça plaît, en ce moment. Mais quoi ? Je ne vous demande pas, bien entendu…