— Monsieur voit comme c’est beau maintenant. Monsieur sera bien mieux qu’auparavant. Monsieur cherche sans doute un appartement. Quel prix veut y mettre Monsieur ?
— Dame, fis-je, le prix que j’y mettais autrefois. Je voudrais quelque chose dans les dix-huit cents à deux mille francs.
La physionomie de ce fonctionnaire intestin respira tout à coup le plus grand mépris, et il répondit :
— Nous n’avons pas ça ici. Je ne peux rien offrir à Monsieur à moins de dix-huit mille francs.
— Bon Dieu ! criai-je, épouvanté.
— Monsieur oublie, continua-t-il, que pour ce prix-là il a l’ascenseur et le téléphone, qu’il est éclairé à l’électricité, chauffé au chauffage central. Enfin il y a la pâtisserie.
Je crus un instant qu’il voulait dire qu’en échange de la somme énorme qu’on me demandait, on me fournirait une partie de la nourriture. Pourtant je jugeai que c’était encore excessivement cher.
— Jamais, dis-je, je ne mangerai pour dix-huit mille francs de pâtisserie par an. J’en serais malade !
Mais le concierge consentit à me détromper.
— Il s’agit, me dit-il, de la décoration. Ces nouveaux appartements sont splendidement décorés. Et c’est cela que nous nommons la pâtisserie. Si Monsieur veut monter avec moi, Monsieur verra.