Il réfléchit un instant, et répondit très sérieusement :
— Elle me le dira. Elle me le dira un jour ; quand elle se sera complètement manifestée. Il faut du temps. Il faut… je ne sais pas ; ça n’arrivera peut-être jamais. On ignore ce qu’il faut, à ces créatures qui reviennent, pour qu’elles se manifestent complètement : un état de grâce spécial, une espèce de permission donnée par je ne sais qui. Je n’essaie même pas de lui parler, quand elle est là ; elle pourrait s’en offusquer. C’est à elle de me parler la première ; et puisque déjà, une fois, je te le répète, je l’ai entendue rire !
— … Mais comme tu es jeune, Sartis, comme tu es resté jeune !
Je contemplais toujours ses cheveux bruns et ses traits sans rides.
— Naturellement : puisque le temps s’est arrêté pour moi !
— Allons, adieu, Sartis !
— Adieu ! répondit-il avec indifférence.
LA MER
LA MINE
Du berthon, l’un des canots légers que possédait le chalutier, le petit midship, seul, monta sur le pont, presque d’un saut, par l’échelle de tribord. Et il laissa l’embarcation à la mer, avec deux matelots, au lieu de la faire hisser sur le pont : il pensait bien qu’il aurait à s’en servir encore, dans les cinq minutes.