— Sûrement, j’irai ! Je me suis informé. Une femme qui vit avec un homme honorable, la police n’a pas le droit de la cueillir : tels sont les lois et règlements de ces populations occidentales. Tout à l’heure je vais donc aller réclamer Émilienne.
Il revint deux heures après.
— C’est extraordinaire, fit-il, on n’a pas voulu la relâcher !
— Il y avait un cheveu ?…
— Aucun cheveu. J’ai vu un administrateur, très aimable. Je lui ai dit : « Vos miliciens ont arrêté une femme qui vit avec moi. Puisqu’elle vit avec moi, je viens la chercher. Voilà mes noms et qualités. » Il m’a répondu : « Rien de plus juste, cher monsieur… Enchanté de cette occasion de faire connaissance de l’explorateur Partonneau, dont la renommée est venue jusqu’à moi. Cette dame s’appelle ?…
» — Elle s’appelle Émilienne !
» — … Émilienne ? Bien. Son nom de famille ?
» Alors, je suis tombé des nues : « Est-ce que vous croyez, lui ai-je dit, que j’ai l’indiscrétion de demander leur nom de famille aux dames qui m’honorent de leurs faveurs ? Et qu’avais-je besoin de connaître son nom de famille ? Je ne veux pas en hériter ! » Là-dessus, il m’a répondu : « Je regrette ! mais, dans ce cas, malgré la meilleure volonté du monde… »
Partonneau réfléchit un instant, et conclut :
— A Madagascar, les femmes n’ont pas de nom de famille. Les hommes non plus, du reste. Ils ont bien raison : ces complications sont ridicules !