— C’est toi ! C’est toi !

— Tu vois bien…

L’intonation s’était faite un peu moins tiède, moins neutre ; à lui aussi semblait remonter quelque chose des temps abolis, une ombre d’émotion, de plaisir. Il sourit, d’un pauvre sourire.

— Tu es ici depuis… depuis que tu as quitté Paris, depuis deux ans ?

— Depuis deux ans…

— Et qu’est-ce que tu fais ?

— Mais rien ! fit-il, comme étonné… Je n’ai rien à faire…

— Tu chasses ?

Je m’arrêtais à ces questions oiseuses, comme on fait toujours, par pudeur, quand on n’ose poser les autres, — tant d’autres, qui m’angoissaient.

— Oui, un peu, quand on m’invite… On déjeune…