— C’est toi, Plévech, dit-il, te v’là de r’tour ? Faut donc aller prendre un verre chez Narcisse.
Ils allèrent ensemble chez Narcisse Cloarec, qui tient une auberge.
— Une tournée de blanche ? fit Pouldu.
A ce moment, Plévech sentit la soif atroce qui le dévorait. La salive était comme solidifiée dans sa bouche, et si amère qu’il ne pouvait plus l’avaler.
— Non, dit-il, une bolée. Du cidre, beaucoup de cidre.
Il prononça ces paroles d’un ton presque plaintif, comme s’il eût été couché dans son lit, avec la fièvre. Pouldu feignit de ne pas s’en apercevoir. Il commanda du cidre, et Plévech se mit à boire comme un qui va mourir dans le désert. Pouldu garda le silence sur ce qui ne le regardait pas. Il parla des choses du pays et de ses enfants à lui. Il ajouta pourtant :
— T’as-t-y vu ton gas, ton Michel ?
— Non, dit Plévech, il n’était point là.
— C’est un beau gas tout d’ même, continua Pouldu conciliant. Il est ben rev’nu.