» — Toi y en a faire déshabiller tout nu, Maoulen. Vite !
» — Pour quoi faire ? il demanda, le Chinois de Paris.
» — Looksi tatouazes, dit l’Annamite.
» Mais le Chinois ne comprenait que le bon français. Alors un employé blanc lui expliqua :
» — On vous dit de vous déshabiller pour qu’on prenne vos mensurations, qu’on note vos tatouages. Vous en avez, des tatouages, hein ?… Eh bien, qu’est-ce que vous attendez ! Déshabillez-vous, Nom de Dieu !
» Mais ça l’embêtait, ce Chinois, de se mettre tout nu devant une personne qui ne lui avait pas été présentée ; il n’en avait pas l’habitude. Alors, il se rappela les lettres que lui avait données le député.
» — Où sont-elles, tes lettres ? demanda l’employé blanc.
» — Dans ma malle ! dit-il.
» — Est-ce que tu crois, dit l’employé, qu’on peut attendre que tous les Chinois ouvrent leurs malles avant de les anthropométrer ?… Enlève ton caleçon, andouille !
» Et, comme il ne se dépêchait pas assez… Ça n’est pas la peine que je m’étende : la police se fait comprendre de la même façon dans tous les pays du monde. Le Chinois s’en aperçut.