— Sur quoi ? Sur ce que ce n’est pas vrai, voilà tout !
Il avait l’air d’en être sûr. Et rien n’est plus insupportable que les gens qui ont l’air d’être sûrs ! Alors je lui représentais :
— Barnavaux, ceci n’est de votre part qu’une affirmation. Et qu’est-ce que ça vaut, votre affirmation ?
Mais il persistait :
— L’homme ne descend pas du singe, je répète !
— Pourquoi, Barnavaux, pourquoi ?
— Parce que personne n’en sait rien, d’abord. Et puis… et puis parce que c’est peut-être d’une autre bête !
Il n’y avait pas moyen de lui en faire dire davantage. A force de l’interroger, je crus découvrir que ses réticences venaient de ce que, là-dessus, il ne savait rien lui-même. Il avait retenu les conclusions d’un autre, en gardant un doute sur ces conclusions ; sachant seulement « qu’il y avait quelque chose », quelque chose d’énigmatique, de mystérieux, de difficile à croire, même, mais de si neuf, de si caractéristique et frappant qu’il ne pouvait en tout cas plus rien croire de différent. Mais qu’était-ce donc, qu’était-ce donc ? Quand j’insistais, il détournait la conversation. Et puis, subitement, un jour, ce fut lui qui vint me trouver.
— Vous savez, me dit-il, l’homme qui sait, sur l’affaire qui vous intéresse, il est à Paris. Voulez-vous le voir ?
Cela ne faisait pas question. Je demandai seulement :