« Oui, m’sieur ! qui recommence ! Vous comprenez pas ! Moi non plus, j’ai pas compris, sur le moment. Des choses comme ça ça devrait pas être possible, y a des malheurs qu’on peut pas s’imaginer ! Les cris de mame Sévoz qui recommencent ! Les dames qui recommencent à s’époumonner : « Arrêtez, père Coulon, arrêtez ! » Elle en faisait un autre, mame Sévoz, un autre !…
« — Ah ! que j’dis, vous vous foutez de moi, à la fin ! Et c’est-il tout ?… Combien qu’y en a encore à sortir ? Et à qui le tour ?… Ça doit vous encourager, mesdames ! Allez ! Allez ! j’en prends l’habitude…
« J’avais beau dire, il a fallu en passer par là, hein ? Quoi vous vouliez faire d’autre ? Et on a repris racine sur la grand’route, et il est venu un aut’gosse, et on m’a refait le coup du baptême. Dites, monsieur, dites si c’est juste, si on a jamais empoisonné comme ça un conducteur de diligence ? Depuis les ch’mins d’fer, depuis la Révolution, depuis qu’y a des chevaux et des voitures ?
« J’arrivai à Saint-Claude à neuf heures du soir. Le lendemain, à sept heures, il fallut encore aller à la mairie pour déclarer le second à mame Sévoz : « Sexe masculin, Sévoz, Jules-Pierre-Antoine ». Et le secrétaire qui demandait toujours des détails : « Comme ça, dans la voiture ? C’est curieux, c’est bien curieux » !
« — Vous voudriez p’t-être qu’y en ait un troisième ? que j’lui dis. Ben, pas moi ! Et j’espère ben qu’c’est la dernière fois qu’on s’voit, nous deux.
« Huit jours après, il m’faisait sommer, c’t’andouille.
« — Voilà un papier comme quoi vous êtes mandé chez le procureur, à Lons-le-Saunier.
« — Mais j’ai tué personne !
« — Non. Seulement, il trouve que deux enfants qui ont le même nom de famille, le même père et la même mère, à vingt-quatre heures de distance, ça n’est pas clair, vous comprenez.
« — Mais, puisque c’est deux jumeaux !