— Il est insupportable ! répondit sa fille. Insupportable ! Ce sont des scènes, des scènes !…

— Il est un peu vif, mais charmant ! maintint sa mère avec fermeté.

Mme de Marconne était sincère. Elle avait une affection très vive, une sympathie dont on eût pu dire qu’elle était presque amoureuse, s’il ne s’agissait d’une femme si parfaitement honnête, pour ce Mouvenot, un grand garçon de vingt-cinq ans, qui avait toujours été parfait à son égard.

— Enfin, je veux divorcer, reprit Thérèse avec obstination. Il n’est pas question de réconciliation, au contraire ! Nous sommes toujours d’accord pour divorcer ; la procédure suit son cours…

— Tant pis ! soupira Mme de Marconne.

— … Je veux dire qu’elle devrait suivre son cours ! Mais…

Et tout à coup elle fondit en larmes.

— Maman, maman, il n’y a que toi qui puisses nous tirer de là. Figure-toi, la procédure est arrêtée ! Mon avocat, nos avocats disent que jamais le tribunal ne nous accordera le divorce dans ces conditions ! L’article 236…

— Qu’est-ce que c’est, l’article 236 ?

— J’avais obtenu l’ordonnance, en vertu de l’article 236, pour être autorisée à avoir un domicile séparé de celui d’Émilien. C’est indispensable, tu comprends : tant qu’on n’a pas un domicile séparé, le tribunal peut, et même doit considérer que la réconciliation est intervenue entre les époux : les tentations, la cohabitation… c’est naturel ! Eh bien !…