— Eh bien ?
— Je n’ai rien trouvé ! gémit Thérèse avec un nouveau flot de larmes, rien ! Il n’y a plus un appartement vacant à Paris, plus un seul ! Je continue à vivre avec Émilien, je ne puis pas faire autrement. C’est atroce, atroce ! Nous sommes comme deux chats dans le même tonneau, nous ne nous sommes jamais plus mal entendus, et le tribunal nous refusera le divorce.
— Donc, interrogea Mme de Marconne, tu veux vivre ici, tu me demandes l’hospitalité ?
— Moi ! cria Thérèse avec horreur, moi, maman, à Lille !… D’abord, ma présence à Paris est indispensable pour la procédure du divorce, ajouta-t-elle en rougissant.
Mme de Marconne n’eut pas grand mérite à pressentir que d’autres raisons attachaient sa fille à Paris. Ses yeux s’assombrirent.
— Alors ? demanda-t-elle.
— Alors, maman, je viens te supplier de venir, toi, à Paris, chez nous ! Nos avocats disent que c’est le seul moyen de tourner la difficulté, que si la mère habite avec sa fille au domicile conjugal, elle constitue la preuve vivante que la réconciliation n’a pas eu lieu. Elle peut en témoigner… Il paraît que la jurisprudence est formelle… Maman, maman, je t’en prie !
Mme de Marconne réfléchit un instant. Qui dira pour quelle cause un éclair brilla dans ses yeux, pourquoi elle se regarda un instant dans un miroir ?
— Je veux bien, ma petite, accorda-t-elle. Tu peux repartir quand tu voudras. Moi, j’arriverai dans huit jours.