Et ce ne fut point sur le ton mélancolique exigé par la tradition. Il redevenait apaisé, confortablement heureux. Je suppose que ce fut sa gratitude qui l’engagea à exprimer davantage son bonheur à sa belle-mère qu’à sa femme. Mme de Marconne dédaigna de cacher qu’elle était sensible à ses sympathies. Il lui advint de dire, devant sa fille : « Il est délicieux ! »
Thérèse ne répondit rien, et sembla mélancolique ; elle se refroidit à l’égard de sa mère, mais non point d’Émilien. A quelques jours de là, celui-ci remarqua :
— L’odeur de cet appartement est toute changée. Je ne connais point ce parfum : il est très doux…
— C’est l’iris de maman, fit Thérèse. Elle ne se parfume jamais, mais elle met de l’iris dans tout son linge…
— C’est une odeur exquise ! affirmait Émilien.
— Dis tout de suite que tu aimes maman, maintenant ! éclata Thérèse. Dis que c’est à elle que tu penses, tout le temps, tout le temps !
— A elle ? fit Émilien, suffoqué.
Toutefois, il songeait : « C’est vrai, pourtant ! Elle est charmante, ma belle-mère ! Comme elle a l’air jeune, comme elle est encore jolie ! »
— A propos, reprit-il, la procédure avance : nous sommes convoqués, jeudi prochain, au Palais pour les préliminaires de conciliation.
— C’est inutile ! cria Thérèse, furieuse. Je ne veux plus divorcer ! Tu voudrais bien, hein ? Eh bien, je ne veux plus ! Je vais écrire que c’est fait, la conciliation !… D’abord, est-ce que je trouverais un appartement ! Je reste !