— Veux-tu boire ? répéta Barnavaux, patiemment. Bois un peu, mon vieux. Après, tu dormiras.

Rasoa versa de l’eau pour la seconde fois.

Müller prit le quart et but une longue gorgée.

Il soupira :

— Tout ça, c’était impossible, impossible… et tout de même si j’étais… si j’étais seulement adjudant !


— Ferme la porte, petite Rasoa, dit Barnavaux. Il est plus triste, quand il voit la lune.

Rasoa tira le vantail. Alors la lumière n’entra plus que par les trous du treillis de bananiers. Aux murs de la pauvre hutte, elle fit scintiller des milliers de petits diamants bleus. Dans la plaine, très loin, un bœuf éveillé par on ne sait quelle crainte se mit à mugir. Et puis, il n’y eut plus que les diamants, les merveilleux petits diamants, les yeux pacifiés de la lune magique. Müller s’endormit.

BARNAVAUX, HOMME D’ÉTAT

La dernière fois que j’eus l’honneur de rencontrer Barnavaux, c’est à l’Exposition de 1900 ; que c’est loin, déjà !