— Ah-Sing, tue-la, et viens avec moi, viens avec moi !

Ah-Sing lui répondit :

— Va-t’en.

Il ajouta d’horribles injures, parce qu’il était fou, et s’enfuit très loin, très loin, à l’envers, du côté où le soleil se couche.

C’est ainsi que la forêt, n’ayant pu le faire mourir, s’empara tout de même d’Ah-Sing. Et elle le garda éternellement. Tchao-Ouang le chercha pendant plusieurs jours pour l’assassiner.

Les Chinois pleurent très rarement : il sanglotait.


A force d’errer sans savoir, pourtant, il parvint à l’orée de la silve terrible.

D’abord il n’en crut pas ses yeux quand il vit l’horizon. Des collines aux pentes douces étaient couvertes d’une herbe si fine, égale et courte qu’il y passa la main comme sur un tapis. Des troupeaux de buffles, de girafes et d’antilopes, ruminaient paisiblement sans montrer d’inquiétude. De grands vautours faisaient dans l’air des cercles qui lui montrèrent combien le ciel était haut, le fier ciel bleu ! Derrière lui, la forêt s’élevait comme une falaise.

Tchao-Ouang se prit à ricaner très fort.