— Berthe, cria Jacques, tu ne me dis pas tout. Il y en a… il y en a un autre !
— Pourquoi pas ? répondit-elle froidement. J’ai été à bonne école… Allons, soyez gentil, maintenant : laissez-moi partir seule.
Il se peut que, durant les dix-huit mois qui suivirent, Berthe Fauli ne soit point demeurée insensible à la passion d’Uriel Élisée Baër. En tout cas, depuis qu’ils ne se voient plus, la musique de ce compositeur a pris quelquefois des accents pessimistes et déchirants. Mais elle est aujourd’hui madame de Fresquienne-Austreberte, et préfète de la Basse-Vendée. La carrière de son mari continue de s’annoncer brillante.
LA PASSION D’AMANDA MANGIN
« … Et leurs baisers s’égrenaient, calmes, limpides, solitaires,
et leurs baisers s’égrenaient comme un beau chant de rossignol,
comme un murmure de source. Et dans les massifs les anthères
des fleurs se gorgeaient d’amour, éclataient et jetaient un vol
innombrable, nuageux, de grains de pollen verts et roses.