« Qu’est-ce qu’il vous demande, papa ?

— C’est mon secret. » Et toute la soirée, il resta songeur, préoccupé. Je voulais le soulager du poids qui le gênait : maman me fit signe d’être discrète. De bonne heure, il allégua un peu de fatigue et se retira chez lui, sans doute pour t’écrire avant de se coucher.

Le lendemain, il vint au déjeuner avec une lettre. Il paraissait calme, presque joyeux, comme un homme qui a fait ou qui va faire une bonne action :

« A quelle heure va-t-on à la messe, demain dimanche ? » demanda-t-il tout à coup.

— « Mais comme toujours, à neuf heures », répondit maman, un peu surprise. « Est-ce que vous y venez ?

— Je promets à Paul dans cette lettre de vous y conduire.

— En Te Deum pour son baccalauréat ? » fis-je.

— « Oui. Trouve-moi un livre de messe, pour que je n’aie pas l’air trop dépaysé.

— Voulez-vous son paroissien de première communion ?

— Oui, oui.