— Oh ! que vous me faites plaisir, papa ! » Je l’embrassai, il m’embrassa ; puis, voyant maman essuyer une larme de joie, il l’embrassa aussi et lui demanda, ensuite, si elle se sentait assez forte pour affronter la fatigue d’un voyage :
— « A quel endroit ?
— A Lourdes.
— Avec vous ?
— Pas encore. Avec Paul et Jeanne.
— Oh ! maman, ne refusez pas ! Paul et moi, nous vous soignerons bien et la sainte Vierge ne permettra pas qu’il vous arrive du mal.
— Eh bien, oui. »
Cette fois, je me jetai au cou de maman — et en esprit au tien. Là-dessus, sans perdre une minute, on régla tout pour le double départ, d’ici chez toi et de chez toi à la grotte miraculeuse. Pour le premier trajet, c’est ta sœur qui veille sur maman ; après, tu deviens notre chevalier jusqu’au retour à Z… Quel bonheur ! Je me dis que, si nous n’avons pu faire encore ce pèlerinage désiré, c’est qu’avant de nous accueillir dans son domaine, Marie voulait te voir devenu ce que tu es maintenant. Comme nous allons bien la prier, n’est-ce pas, mon frère, pour tout ce que nous aimons, pour notre pauvre cher papa surtout, qui vient de faire un grand pas vers le bon Dieu !
Nous serons au collège après-demain soir ; mardi matin, nous te couronnons… Combien de fois ? Ce jour-là, nous couchons à Paris, et le lendemain, en route pour les Pyrénées, avec toi. Quel bonheur ! Quel bonheur !
Au revoir, Paul, dans deux jours, qui n’en finiront pas. Je t’embrasse et je te r’embrasse.