Nous ne partons pas encore : il fait si bon ici qu’on voudrait y rester toujours ! Mais mon pauvre papa doit nous attendre avec angoisse : va le voir pour lui faire prendre patience. Ah ! si je pouvais lui rapporter sa guérison spirituelle ! J’espère.

Au revoir, mon cher Louis. Offre mes respects à ta bonne mère.

Ton ami,

Paul.

Je ne suis pas étonné du piteux résultat des examens au lycée : les préoccupations de nos anciens condisciples étaient ailleurs et l’on ne peut courir deux lièvres à la fois. Tu as ton diplôme : c’est le principal.

56. De mon professeur.

1er septembre.

Mon cher Paul,

Je vous ferais de la peine, si je n’acceptais pas vos remerciements, si sincères (je le sais) et si affectueux. Je ne commettrai même pas l’acte d’humilité douteuse qui consisterait à vous dire que je ne les mérite pas. J’ai du moins la conscience d’avoir voulu les mériter : c’était mon simple devoir.

Mais pour rester dans la vérité pure, je dois ajouter que vous m’avez rendu ce devoir singulièrement facile et doux. Si tous les élèves vous ressemblaient, un professeur ne gagnerait pas sa part de paradis : il serait payé de ses peines dès ce bas monde.