Ce que tu m’apprends des progrès de papa me comble de joie. Mon paroissien n’est pour rien dans ce miracle : tout vient de notre bonne Mère de Lourdes. Remercions-la bien ensemble, pour qu’elle ne laisse pas son œuvre inachevée.
Moi-même, Jeanne, j’attends beaucoup de tes prières, dont je vais avoir plus besoin que jamais durant cette année de philosophie, si décisive pour mon avenir. C’est, bien entendu, à charge de revanche.
Je t’embrasse comme mon unique sœur.
Ton frère,
Paul.
61. De ma sœur.
14 octobre.
Mon cher frère,
J’accours en toute hâte pour te dire que papa et maman acceptent bien volontiers de t’aider à soutenir l’honneur de ta nouvelle présidence et que j’ai déjà racolé deux bonnes amies pour venir travailler avec moi. J’ai envie de fonder un ordre de jeunes filles, qui s’appelleront les Chevalières de l’Aiguille pour les pauvres. Qu’en penses-tu ?
Mais, en retour, je pose une condition. Il faut absolument que tu trouves le temps de me « mêler aux détails de ta vie ». Tes belles raisons contre ne m’ont pas du tout convaincue. Je serai ravie de t’entendre parler de vos fêtes religieuses ou profanes, et même de moins que cela. Ta vie, mon Paul, c’est toi, et tout ce qui est toi m’intéresse.