— Hélas !
— Tu ne devais pas dire un mot.
— Ce n’est qu’une interjection, arrachée par la douleur.
— Voyons, veux-tu savoir mon secret ?
— Tu as un secret pour moi ?
— Mais non, puisque je veux te le dire.
— Vas-y. (Je me bâillonne avec mon mouchoir.)
— Nous n’avons plus que trois mois pour décider l’emploi futur de notre vie. J’ai beaucoup réfléchi, prié, consulté, et mes idées, que tu soupçonnes peut-être… (je fais un signe répété d’assentiment muet), sont désormais arrêtées. Je ne me sens pas fait pour le monde.
— Le monde est indigne de toi !
— Encore !… (Je m’empresse de remettre mon bâillon.) Ce qu’il pourrait m’offrir ne vaut pas la peine que j’y risque mon âme. Et quel bien y ferais-je ? »