Pour le coup, j’éclate :

« Mais tout le bien que tu voudras, mon ami. N’as-tu pas tout ce qu’il faut, non seulement pour faire bonne figure dans le rang, mais pour être capitaine et général dans l’armée du bien ?

— Il m’est venu des doutes là-dessus, mon bon, depuis que j’entends des hommes, bien autrement doués que moi, se plaindre que tous leurs efforts n’aboutissent à rien de durable et qu’ils restent ou reviennent toujours à l’état de simple unité.

— Bah ! il ne tiendrait qu’à toi d’être un petit Montalembert.

— Je te délègue mes droits à cet honneur.

— Oh ! moi, je n’ai aucune prétention à m’élever jusque-là : j’ai les ailes bien trop courtes.

— Tu vois comme le sentiment de ton impuissance, moins prouvée cependant que la mienne, te fait reculer ! Je me connais, Paul. Isolé, je perdrai ma vie : pour valoir et pour faire quelque chose avec ce que Dieu m’a donné, il me faut des compagnons d’armes et des chefs sûrs. Je sais où les trouver.

— Au noviciat des Jésuites ?

— Oui.

— Et tes parents ?