— Moi ? Rien, papa. Je n’ai plus rien à désirer.

— Tu ne voudrais pas retourner à Lourdes ?

— Oh ! cela, si. A nous deux ?

— Avec moi, ta mère et ta sœur. Serons-nous trop pour dire merci à la Vierge ?

— A peine assez. Que vous êtes bon !

— C’est Dieu qui est bon, mon fils… Je n’aurais pas cru qu’on pût être si heureux de rentrer en grâce avec lui… Mais j’ai à te remercier, toi aussi, Paul : car, en définitive, c’est toi qui m’as converti.

— Après avoir été moi-même converti par les Pères.

— Aussi je veux leur dire ma reconnaissance. Quand nous aurons causé, tu me feras voir ton directeur. »

L’entrevue fut très cordiale. Papa remercia le Père avec effusion de tout ce qu’il avait bien voulu faire pour nous deux ; puis il parla encore du bonheur intime dont il jouissait, depuis qu’il avait « écoulé son stock de vingt-cinq ans dans les larges manches d’un bon P. Capucin. » Il finit par recommander à ses meilleures prières la persévérance du père et du fils.

Quelle joie pour ma mère et ma sœur ! Merci, mon Dieu, merci !… Cette nouvelle grâce, que je n’osais pas attendre si prompte et si complète, vaut bien de ma part un redoublement de confiance et de dévouement à votre divin Cœur, auquel je me suis donné pour la vie.