— Non, mais je veux voir la suite. »
Tu es donc averti, mon cher enfant : on jugera ton changement sur les effets qu’il produira dans ta conduite. Moi, je n’ai pas d’inquiétude : je sais ce que vaut ton cœur et ce que peut la grâce du bon Dieu. Mais défie-toi de deux écueils également dangereux, la présomption et le découragement ; prie, prie beaucoup, demande conseil et sois un homme.
Je t’embrasse et te bénis maternellement : c’est tout dire, n’est-il pas vrai, mon Paul ?
Ta mère.
Je ne peux pas t’écrire raisonnablement cette fois, mon petit frère : je suis folle de joie, folle de toi. Si tu étais là, je te mangerais comme du pain frais. Oh ! que je suis heureuse de te savoir maintenant tout à fait heureux, parce que tu vas devenir tout à fait bon ! si cela te coûte un peu au commencement, à cause de l’habitude que tu n’as pas encore, nous t’en dédommagerons bien, va, maman et moi, par notre affection, et nous t’aiderons de nos prières. Je ne prierai plus que pour toi — et pour papa : car il faudra que lui aussi se convertisse.
Tu parlais de pardon pour le passé. Quelle drôle d’idée ! Est-ce qu’on songe encore à ça ?
Je t’embrasse dix millions de fois.
Jeanne.
13. A Louis.
7 novembre.