« Vous êtes venu pour savoir mon avis ?

— Oui.

— Et vous voulez que je vous le dise franchement ?

— Oui.

— Eh bien, vous devez à votre condisciple et à toute la division une réparation. »

Et comme je me révoltais :

« Mon fils, je ne vous l’impose pas, je n’en ai pas le droit ; mais je l’attends de votre loyauté de cœur et de votre bon sens. Et pour avoir le courage de demander pardon aux hommes, venez d’abord demander votre pardon à Dieu. »

Ce disant, il m’attira doucement à son prie-Dieu, s’agenouilla à côté de moi devant son pauvre Christ de cuivre et prononça d’une voix où tremblait un peu d’émotion : Seigneur, pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. » Je te laisse à deviner ce qui suivit.

Le même jour, après la classe du soir, pendant que la division silencieuse entrait dans la cour sur deux rangs, je sortis de ma place et m’avançant vers ma victime, je dis très haut :

« N…, je te fais mes excuses pour les ennuis que je t’ai causés ; je les regrette et te prie, devant tous nos camarades, de me pardonner. »