— Pour manger des gâteaux ?
— Oui, et plus tard général, pour battre les Prussiens.
— C’était mieux.
— Ce n’est qu’à dix ou onze ans que j’ai eu l’idée de devenir savant et d’aller au collège.
— C’est le bel âge pour y entrer, celui que le Ratio suppose aux débutants de sixième : car il ne parle pas des classes de robette, septième, huitième, neuvième.
— Elles existent pourtant chez les Pères.
— Parce que trop de parents sont pressés de se décharger du soin de leur charmante, mais souvent difficile progéniture, et qu’ils sont prématurément épouvantés par le spectre de la limite d’âge pour les grandes écoles. D’autres familles n’ont pas à leur portée l’institution primaire qui leur conviendrait — et ne veulent pas des petits collèges de l’Université.
— Vous regrettez ces entrées précoces au collège ?
— Oui, parce qu’elles nous prennent des hommes qui pourraient mieux faire que de servir de bonnes d’enfants ; non, parce que beaucoup de ces enfants, exclus de chez nous, seraient moins bien préparés ailleurs et quelquefois trop exposés. Il y a des maux nécessaires. Mais, de toute façon, la formation secondaire ne commence régulièrement qu’après ces petites classes préparatoires et comprend trois cours : la Grammaire — c’est la base de l’édifice ; les Lettres — c’est le corps principal ; la Philosophie — c’est le couronnement.
Le Cours de grammaire va de la sixième à la fin de la troisième : il continuera de développer chez l’enfant la mémoire, en appliquant son besoin d’apprendre et de parler à l’étude progressive du latin et du grec, tout en faisant appel à son jugement dans une foule d’exercices variés, oraux ou écrits, qui éveillent, assouplissent et fortifient le talent naturel.