Dans son ravissement mystique, LA JEUNE FILLE se croit morte. Serait-ce que la barque aborde aux rives vertigineuses du Paradis, où des couples célestes glissent dans une aube d'opales fluides?
Elle regarde émerveillée, sous une étoffe de la lumière, au lieu des tronçons effroyables, la fraîcheur blonde de ses mains ressuscitées et d'où s'exhale une senteur de ruches prochaines et de miel.
Des enfants, vêtus de tuniques multicolores et légères, lui font un triomphal cortège et, prise dans des rets de charmes surhumains, elle marche au milieu des hymnes étranges. Hymen! Hymenaee!
Hymen! Hymen! Hymenaee! Au faîte des monts d'hyacinthe un palais de prodige monte, marmoréen, vers les nuages violets. Elle gravit les escaliers, gardés par des sphinges immobiles.
Hymen! Hymen! Hymenaee! Au seuil glorieux des demeures, souriant idéalement dans l'ombre dénouée de sa chevelure, LE POÈTE-ROI vient vers elle sous son manteau de pourpre lyrique.
Et les enfants ont disparu; dans une salle de féerie, portée par des cariatides, sur l'or roux, des lions tués, LA JEUNE FILLE s'abandonne à la volupté des caresses. Hymen! O hymen!
LA JEUNE FILLE
Doux initiateur de l'âme en quelle sphère
Plus lointaine, Jésus, l'Esprit, et Dieu le Père,
Dans leur unité triple, infinis et sereins,