Il fut violemment interrompu par maman Renaud:
—Votre frère est un lâche!…
—Grand'mère, je te prie de dominer ta colère. Permets-moi de répondre seule à M. Berthier, puisqu'il ne s'agit que de moi. Veuillez vous expliquer, monsieur, et ne craignez pas de le faire catégoriquement!
—Mademoiselle, mon frère avait prévenu notre mère de ses intentions à votre égard; mais elle y était formellement opposée. Et, à son lit de mort, elle lui a fait jurer solennellement non seulement qu'il ne vous épouserait pas, mais qu'il épouserait une jeune fille que, depuis bien des années, elle lui destinait. Mon frère a obéi, en fils respectueux; et, devant le lit de sa mère mourante, il a engagé sa foi à cette jeune fille.
—Il n'en avait pas le droit, puisqu'il me l'avait engagée, à moi; mais… continuez!
—Mon frère vous aimait: il est abominablement malheureux; cependant, il ne vous reverra jamais, jamais!
Marie eut un imperceptible tremblement des lèvres; puis elle dit simplement:
—Après, monsieur?
—Il m'a chargé d'implorer auprès de vous son pardon…
—Vraiment?