Honoré continuait:

—Dans quelques jours, il vous fera parvenir une somme égale: il vous donne la moitié de sa fortune. Et, pour lever les scrupules, qu'une aussi noble jeune fille que vous pourrait avoir à cet égard, j'ajouterai que c'est avec le consentement formel de sa future femme qu'il vous fait cette donation.

Marie se rejeta en arrière, comme si on venait de la souffleter.

—Est-ce tout ce que vous avez à me dire de la part de votre frère?

—Non, mademoiselle; il est forcé de mettre à cette donation deux conditions: c'est que vous n'essayerez jamais de le revoir et que vous quitterez immédiatement Paris.

Honoré se tut. Marie s'était levée, toute blême… et si majestueuse dans son indignation qu'Honoré trembla.

—Une simple question, dit-elle. Cette enveloppe… renferme-t-elle autre chose que de l'argent… une lettre, un mot d'adieu?

—Non, mademoiselle.

—Alors, reprenez-la! Je n'en veux pas…

—Mademoiselle, de grâce, n'obéissez pas à la colère… Au nom de votre enfant… Vous vous repentirez plus tard!