— Mademoiselle, il faut me dire la vérité ! C’est très grave ! Quel est ce Firmain ?

— Mais, fit Paulette à travers ses larmes, c’est quelqu’un que je connais, qui cherchait du travail ; il m’a dit qu’il pourrait se placer s’il avait de bons certificats, que sans ça c’était inutile de chercher une condition. Alors j’ai écrit, moi, tout ce qu’il voulait.

Juve, fixement, considérait la jeune femme.

— Ce garçon, n’est-ce pas, c’était votre amant ?

— Non ! non ! monsieur ! C’était pas mon amant ! Ça, je vous le jure sur la tête de ma mère ! Ah ! par exemple ! mon Dieu ! mon Dieu ! le pauvre garçon !…

— Comment le connaissiez-vous ?

— Je ne sais pas ! je ne sais pas !… Vous savez, nous autres, on connaît un tas de gens qu’on voit, qu’on ne voit plus ou qu’on retrouve !…

Juve, malgré lui, se sentait gagné à là pitié par la douleur très sincère que semblait éprouver la demi-mondaine. Douleur toute faite d’émotion et de sensibilité, d’ailleurs ; il n’insista plus.

Au demeurant, la conviction de Juve était à peu près faite.

Et cependant que son interlocutrice se recueillait, cherchait à calmer sa douleur, le policier imaginait ce qui avait dû se passer.