C’est que sa maîtresse agonisait sur le plancher, à côté d’un revolver, et qu’assurément un nouveau scandale allait éclater.

— Ma tante !… ma femme !… mon héritage !… pensa Léon Drapier.

En l’espace d’une seconde, il vit son existence mise à jour dans les journaux, son adultère connu de tous, sa femme rompant avec lui, et sa tante le rayant, à tout jamais, de son testament. Non, non ! il fallait qu’à aucun prix on ne sût ce qui s’était passé, et qu’il se trouvait chez Paulette de Valmondois au moment où celle-ci se donnait la mort…

Égoïstement, lâchement, Léon Drapier se disait :

— Elle va mourir ! c’est certain ! Peut-être est-elle déjà morte ; elle ne dira rien ! rien !

Alors, enjambant le corps inerte de la malheureuse, relevant le col de son pardessus pour dissimuler son visage en enfonçant son chapeau sur ses yeux, Léon Drapier, à pas de loup, quitta le tragique appartement dans lequel venait de se jouer un drame aussi inattendu qu’extraordinaire !

VII

Suicide ou assassinat

Le long de la Seine, un homme marchait. Il fumait une cigarette, puis, l’ayant consumée à moitié, il la jetait, mais en allumait une autre aussitôt après, avec des gestes nerveux qui trahissaient incontestablement de sa part une émotion singulière.

Ce homme-là, cependant, était, de par sa profession, obligé à conserver sans cesse son sang-froid et accoutumé aux complications les plus extraordinaires. Certainement, au premier abord, on pouvait être étonné de le voir agité.