Cet homme, en effet, n’était autre que Juve.

Le célèbre inspecteur de la Sûreté avait, trois heures auparavant, quitté le domicile de Paulette de Valmondois. Après sa rapide visite à la demi-mondaine, il s’était confirmé dans cette hypothèse qu’assurément l’amant de la jeune femme n’était pas et ne pouvait pas être coupable de l’assassinat du valet de chambre Firmain.

Sans s’en douter, au cours de son interrogatoire, Paulette de Valmondois avait fourni à Juve un argument très probant en faveur de l’innocence de son amant.

Pour que Léon Drapier ne fût point suspect, il s’agissait en effet de démontrer qu’il avait passé la nuit entière, la nuit du crime, hors de son domicile.

Sa déclaration cependant pouvait ne pas être prise en considération, la justice pouvait également suspecter sa maîtresse d’une certaine complicité et ne croire qu’en partie les déclarations de Paulette de Valmondois affirmant que Léon Drapier avait passé la nuit du crime avec elle, si rien n’était venu corroborer cette assertion.

Mais au cours de son interrogatoire, Paulette avait dit à Juve :

— Léon Drapier est descendu confier à la concierge une lettre qu’il s’agissait de mettre à la poste, vu l’urgence.

Et cela avait éclairé d’un jour tout nouveau l’affaire aux yeux du célèbre policier.

— Le voilà bien, l’alibi qui innocente Léon Drapier, s’était dit Juve, à la condition toutefois que la déclaration de Paulette de Valmondois soit bien exacte.

Et Juve avait quitté la demi-mondaine pour s’en aller interroger la concierge qui lui avait confirmé la déposition de sa locataire.