— Je ne sais pas, patron… derrière la maison, je crois…
— C’est bon, au turbin !
Le numéro quatre rejoignit ses compagnons et entama le tas de petits pois.
Le père Martin, cependant, appelait à pleins poumons :
— Eh là… toi, ma femme !… Ous’que t’es ?
Un grognement parvint, on entendit le bruit de galoches traînées sur le sol, au coin de la maison une grosse femme apparut.
C’était la mère Martin.
Elle pouvait avoir une quarantaine d’années et, certes, la gourmandise devait être son péché mignon, car perpétuellement elle avait la bouche pleine et mâchonnait quelque chose.
Blonde décolorée, les yeux éteints, la bouche tordue, elle était sale à faire frémir et sentait le vin à dix mètres. Sa voix avait quelque chose d’éraillé, de cassé, d’ignoble, les gosses la craignaient plus encore que son mari.
— Quoi que tu veux ? fit la femme.