Le père Martin entrait dans la maison.
— Aboule !… J’ai à te parler !
La mère Martin continua d’avancer, gifla au hasard l’un des petits travailleurs, puis pénétra à son tour dans la pièce basse de la maison.
— Quoi que tu m’veux ! répétait-elle.
Le père Martin était debout devant une sorte de placard dont sa femme gardait la clé.
— Donne des sous ! demandait-il.
— Pour quoi faire ?
— Ça te r’garde ?
— Probable, mon vieux !
Le père Martin ne résista pas plus longtemps. Il savait aussi bien que sa femme ne lui donnerait pas cinquante centimes s’il n’en justifiait point l’emploi. Elle était encore plus avare que lui, plus grippe-sou, s’il était possible, ne se montrant généreuse que lorsqu’il s’agissait d’aller chez le marchand de vin ou encore d’acheter à l’épicier quelque douceur qu’elle goinfrait en cachette pour ne pas avoir à amoindrir sa part en faveur de son mari.